| Mars 2010 | ||||||||||
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Un parc, l’été, en fin d’après-midi. Un bassin, des jets d’eau, des canetons, des personnes assises. Lecteurs, dormeurs, beaux ou mauvais parleurs. Une pompe, tout autour une flaque. A quelques pas, des dames, des gestes, des histoires et courant ça et là, les enfants. Cris, rires et chants d’oiseaux colorent le calme ambiant.
J’ai faim. Faim d’animation, soif de comportements. J’y pense. Et puis non. Cela me tente… J’y vais ! Je m’approche de la pompe.
Les pieds posés à une distance propice à ne pas leur faire boire la tasse, j’actionne la manivelle pour y laver mes mains propres. Un tour, deux tours, trois tour… un souci mécanique viendrait-il couper cours à mon entreprise ? Quatre tours. Cinq. L’eau jaillit. Mes mains en recueillent quelques gouttes, mon visage plusieurs perles. Je m’éloigne.
Ma manœuvre a retenu l’attention des billes bambines d’un petit sous un bobe – je l’appellerai Dylan. Je choisis de m’asseoir au pied d’un platane voisin. Dylan desserre les bras de la jambe maternelle. Ses yeux brillent d’envie de toucher l’eau. Il cède à la tentation.
- Elvis ! Ici ! lance une voix avant de poursuivre les débats inter-mammaires.
- Dyl… allais-je rectifier.
Déjà la star patauge. Puis la star est déçue : l’eau ne coule plus !
Un autre enfant, haut d’une tête de plus, guette la scène. Allié providentiel, il n’attend pas pour s’y joindre. Dylan – Elvis – tâtonne la manivelle. L’Allié débarque, les pieds dans l’eau aussi : après tout, où est le mal ? Moi, j’ai évité la flaque, réflexe éducatif : ne marche pas dans l’eau ! Je me promets de trouver un conseil plus judicieux pour ma progéniture : n’achète jamais d’actions !
Revenons à nos affaires. A nos moutons. A notre action. L’Allié appuie sur la gâchette. Non, le manche. Aucun résultat. Dylan – Elvis, disons Bob – jette un regard d’encouragement. Nouveau coup sur le manche, l’Allié insiste, borné. Un républicain d’Amérique ? Non. Sa main entame un mouvement rotatif. L’eau tarde à couler puis coule. Les compères sont heureux. L’eau est à eux. La vie est à eux, car l’eau, c’est la vie !
Du calme ! Pas si vite. Un coup de sifflet.
- A qui sont ces voyous ? hurle le général des pompes et des fontaines.
Tout les hommes naissent libres et égaux en droit… jusqu’à ce qu’il touchent à un robinet !
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